version française version anglaise
Slideshow Image 2
Slideshow Image 3
Slideshow Image 4
Slideshow Image 5
Slideshow Image 6
Slideshow Image 7
Slideshow Image 8
Slideshow Image 9
Slideshow Image 10
 
Vous êtes ici : CHAUVES-SOURIS EN MEDITERRANEE > Grand Rhinolophe

Programme LIFE GRAND RHINOLOPHE

 

GR_400px


Le Grand Rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum) est le plus grand des Rhinolophes d’Europe. La principale caractéristique de cette espèce est la morphologie de son nez, orné d’un feuillet en forme de fer à cheval indispensable à l’écholocation. En effet, le Grand Rhinolophe émet par le nez des signaux peu puissants, inaudibles au-delà de quelques mètres.
Son pelage souple et cotonneux est brun plus ou moins teinté de roux sur la face dorsale (gris cendré chez les jeunes) et sur la face ventrale gris-blanc à blanc-jaunâtre. Ses ailes larges et robustes, lui permettent un vol lent et papillonnant. Au repos, il s’enveloppe dans ses ailes, suspendu à la paroi la tête en bas, laissant souvent dépasser le bout de son museau.

Longévité : de 15 à 30 ans
Taille : de 5,4 à 7,1 cm
Envergure : de 33 à 40 cm
Poids : de 15 à 34 g


 

Programme LIFE ECOLOGIE ET BIOLOGIE

Le Grand Rhinolophe fréquente les régions chaudes inférieures à 800m d'altitude. Il recherche les paysages semi-ouverts à forte diversité d'habitats, tels les boisements de feuillus et les secteurs pâturés par des bovins (voire des ovins).

Le territoire de chasse du Grand Rhinolophe se caractérise par des corridors boisés de feuillus, herbages pâturés en lisière de bois ou de haies, et le long des falaises se situant à proximité de son lieu d'habitation. Les haies revêtent une importance particulière pour cette espèce, elles concentrent les insectes proies en période de vent fort et structurent les paysages. Elles guident les Rhinolophes à travers leur territoire par nuit noire. La haie permet aussi au Grand Rhinolophe de se suspendre à une branche pour pratiquer la chasse à l'affût lors des nuits fraiches ou lorsque les concentrations d'insectes sont faibles. Le soir à faible hauteur, il se sert de l'écholocalisation pour capturer ses proies.
En Camargue, les territoires de chasse se situent généralement dans un rayon de 5 à 8 kms autour de leur gîte de reproduction.
Plus la colonie est importante, plus ces zones sont éloignées du gîte. Aucun comportement de défense territoriale n'a été observé.
La surface des zones de chasse est de 4 ha environ, à l'intérieur desquelles existent des habitats-clés exploités de façon privilégiée. Le choix de la technique de chasse dépend de la structure paysagère, de la température et de la densité d'insectes et se fait de deux façons différentes : soit en vol linéaire ; soit à l'affût, depuis une branche morte sous le couvert d'une haie.

Le régime alimentaire varie en fonction des saisons et des pays. De manière générale, il se nourrit préférentiellement de coléoptères coprophages (hannetons et bousiers) et de lépidoptères nocturnes, mais peut aussi consommer des orthoptères (sauterelles, criquets), des trichoptères, des diptères (mouches), des araignées, etc. En Camargue, des ailes déodonates ont été retrouvés dans le guano (crottes) de cette espèce.
Le pâturage par les bovins est énère et la présence de bouses, qui favorisent le développement d'insectes coprophages.


Le Grand Rhinolophe est sédentaire, et se déplace entre un gîte de reproduction, un gîte de transit et un gîte d'hibernation. L'espèce peut couramment faire des déplacements distants de 60 kms entre les gîtes d'été et ceux d'hiver (déplacement maximum connu : 320 kms).

En été, il vit en petit groupe et se reproduit dans des gîtes chauds. Les femelles s'installent dans des granges, greniers, grandes caves chaudes, vieux moulins, toitures d'églises ou de châteaux, à l'abandon ou entretenus.

Les gîtes de transit sont des abris nocturnes occupés plus ou moins temporairement au printemps et à l'automne. Leurs caractéristiques sont encore à ce jour assez mal connues.

En hiver, il hiberne d'octobre-novembre à avril dans des cavités souterraines naturelles ou artificielles où l'obscurité est totale, la température comprise entre 5°C et 12°C, l'hygrométrie supérieure à 96%, la ventilation légère et la tranquillité absolue : galeries de mines, carrières, grottes ou grandes caves. En colonie, les individus se regroupent au plafond des cavités pour conserver une température constante, ils s'enveloppent alors dans leurs ailes et prennent la forme d'un cocon.


Le Grand Rhinolophe atteint sa maturité sexuelle à l'âge de 2-3 ans. Les femelles forment des colonies de reproduction (de 10 à près d'un millier d'adultes), souvent associées au Murin à oreilles échancrées. Leur gestation dure entre six et huit semaines, avec des maxima de dix quand le printemps est particulièrement défavorable. De mi-juin à fin juillet, elles mettent bas un jeune par an. Le jeune maîtrise le vol entre 19 et 30 jours, ce qui lui permet de commencer à chasser de manière indépendante, mais il reste encore en contact avec sa mère jusqu'à l'âge de six ou sept semaines. A 45 jours, il s'éloigne jusqu'à 1,5 km puis atteint les déplacements moyens de l'espèce vers leur deuxième mois.


 

Programme LIFE MENACES

Le Grand Rhinolophe est une espèce très vulnérable. Sa sédentarité dans les gîtes, le rend très dépendant des activités humaines et il souffre d’une pollution lumineuse croissante.

La population de Grand Rhinolophe peut être menacée par :
- La perte et l’altération des gîtes de reproduction (démolition de bâtiments, modification et traitement toxique d’une toiture, illumination d’églises, modernisation des vieux bâtiments incompatibles avec la présence de chauves-souris…),
- La réfection, la modification ou la fermeture des gîtes d’hibernation (foudroyage de mines, visites intempestives des grottes…),
- La modification et/ou la disparition des territoires de chasse (arrachage des haies, monoculture, retournement des prairies...),
- La mortalité routière (collision avec des véhicules),
- Le traitement chimique des parcelles agricoles et forestières et le traitement du bétail contre les parasites.


 

Programme LIFE RÉPARTITION ET ÉTAT DES POPULATIONS

Au niveau mondial, le Grand Rhinolophe est présent à travers tout le Paléarctique, depuis l’Atlantique jusqu’au Pacifique. Malgré son classement en catégorie LC (« Least Concern ») d’après la Liste rouge mondiale des espèces menacées (IUCN, 2008), les populations de Grand Rhinolophe sont en déclin dans certaines régions.

Population mondiale GR
Source : IUCN (International Union for Conservation for Nature). Rhinolophus ferrumequinum. In : IUCN 2011.IUCN Red List of Threatened Species. Version 2012.1

En Europe, l’aire de répartition du Grand Rhinolophe s’est fortement réduite dans le nord-ouest au cours du dernier siècle (France, Grande-Bretagne, Allemagne, Autriche), allant parfois jusqu’à la disparition (Belgique, Pays-Bas, Malte). Toutefois, des signes de stabilisation et/ou de reconquête ont pu être observés dans certains pays (Croatie, Grande-Bretagne, Roumanie, Hongrie). Enfin, les effectifs de certaines populations ne sont pas connus, en particulier dans les pays euro-méditerranéens.
Le Grand Rhinolophe figure, sur la Liste rouge européenne des mammifères menacés, en catégorie NT (« Near Threatened ») avec une tendance déclinante des populations.

En France, un recensement de 2004 (SFEPM, non publié) comptabilise 19 031 individus répartis dans 290 gîtes de reproduction et 43 514 dans 1 953 gîtes d’hibernation, ce qui s’avère relativement important à l’échelle européenne. Il existe cependant d’importants déséquilibres régionaux.
L’évolution des populations est mal connue mais supposée en déclin à partir d’observations locales. Le Grand Rhinolophe figure donc en catégorie « Quasi menacée » d’après la Liste rouge des espèces menacées en France (UICN France & MNHN, 2009).

En Camargue, la population reproductrice connue de Grand Rhinolophe (= nombre de femelles avant mise bas) s’élève à 750 individus répartis dans sept gîtes. Il n'y a pas de site d’hibernation connu en Camargue (peu probable pour cause d’absence de cavités favorables).
L’évolution des populations à l'échelle de la Camargue est mal connue car l'essentiel des colonies sont des découvertes récentes (à partir de 2005), ce qui ne permet pas de tracer une tendance fiable. Certains éléments soulignent toutefois la précarité des colonies de Grand Rhinolophe :
- plusieurs colonies connues en PACA ont disparu ces dernières décennies, dont deux au moins en Camargue : gîte à Salin de Badon et dans un mas à Peaudure,
- plusieurs des colonies en Camargue sont directement menacées à court terme ou sont vulnérables car très accessibles.

Dans les Alpilles, environ 150 individus sont répartis en hiver dans 12 cavités. Les quatre cavités prises en compte dans le cadre du LIFE hébergent 135 individus, soit 90% de la population connue des Alpilles.
Du point de vue de la reproduction, la situation des Alpilles demande à être précisée. On ne sait pas d’où proviennent les individus hibernants.
L’état de conservation de la population des Alpilles est défavorable. Dans le site principal, la population a diminué de 75% depuis 1989. Au rythme actuel, la population risque de disparaître d’ici 2017.

Dans les gorges du Gardon, seuls des sites d’hibernation ou de swarming (= sites de rassemblements automnaux) sont connus. La population de Grand Rhinolophe des gorges du Gardon est en moyenne de 188 individus répartis dans six gîtes d’hibernation.
Les cinq gîtes pris en compte dans le cadre du projet hébergent 170 individus en moyenne, soit 90% de la population des gorges du Gardon.
On ignore d’où proviennent ces animaux. On suppose qu’ils sont originaires de Camargue, où se trouvent les grandes populations estivales les plus proches.
L’état de conservation de la population des gorges du Gardon semble bon, les comptages récents montrent une stabilité des effectifs.


Pour l’ensemble de la zone couverte par le programme LIFE+ Chiro Med, la taille de la population reproductrice de Grand Rhinolophe est d’au moins 750 individus (effectif sur les sept gîtes connus, regroupés en Camargue). Dans le reste de la région PACA, l’effectif est de 250 individus dans 10 gîtes (BD GCP, 2008) ; en Languedoc-Roussillon, il est de 1 500 individus dans 12 gîtes (BD GCLR, 2008) et en Corse de 650 individus dans cinq gîtes, soit 3 150 individus au total.

La population reproductrice camarguaise représente 75% des effectifs de PACA et 24% de la population reproductrice méditerranéenne française.
Concernant l’hibernation, les Alpilles et les gorges du Gardon abritent en moyenne 325 individus dans neuf gîtes. Ces individus sont supposés provenir de Camargue. On dénombre 130 autres individus hivernants dans le reste de la région PACA (BD GCP, 2008), 1 700 en Languedoc-Roussillon (BD GCLR, 2008) et 500 en Corse en 2004, soit un total de 2 540 individus.

Les populations hivernantes des Alpilles et des gorges du Gardon représentent 13% de la population hivernante méditerranéenne française.
La densité de la population de Grand Rhinolophe de Camargue est de 0,14 ind./km² soit 2,5 fois plus élevées que celles notées ailleurs en Europe : le sud de l’Angleterre compte 0,06ind./km² (10) et la Hongrie 0,05ind./km² (11).

En conclusion : cette importante population du pourtour méditerranéen est aujourd’hui comme hier très menacée malgré l’intérêt qu’elle suscite. Elle justifie pleinement la mise en place d’un programme d’envergure pour sa conservation.


 
 
 
CG30