version française version anglaise
Slideshow Image 2
Slideshow Image 3
Slideshow Image 4
Slideshow Image 5
Slideshow Image 6
Slideshow Image 7
Slideshow Image 8
Slideshow Image 9
Slideshow Image 10
 
Vous êtes ici : CHAUVES-SOURIS EN MEDITERRANEE

Programme LIFE CHAUVES-SOURIS EN MEDITERRANEE

 

Les chauves-souris sont de petits mammifères volants mal connus et bien souvent mal-aimés !
Volant silencieusement dans l’obscurité et s’abritant durant la journée dans les lieux sombres, parfois de simples fissures, leurs habitudes très discrètes les ont rendues mystérieuses. Cela explique les préjugés et les croyances populaires à leur encontre.

idees


 

Programme LIFE LES CHAUVES-SOURIS EN FRANCE

En France, il existe 34 espèces de chauves-souris qui sont regroupées en quatre familles bien distinctes : les Rhinolophidés (4 espèces), les Minioptéridés (1 espèce), les Vespertilionidés (28 espèces) et les Molossidés (1 espèce).

Les Rhinolophidés
Les Rhinolophes sont de couleur brun roux, avec un ventre crème ou presque blanc, et des ailes larges et brunes. Cette famille est caractérisée par un nez en forme de fer à cheval et la présence de feuilles nasales sur le museau, servant à l’émission d’ultrasons. En effet, les Rhinolophidés sont les seuls à émettre des ultrasons par le nez. De plus, l’accroche des individus pendus tête en bas est également caractéristique de cette famille. Suspendus par les pattes, ils s'enveloppent plus ou moins dans leurs ailes au repos. Ils ont la faculté d’effectuer une rotation complète de leurs corps et montrent une mobilité extrême de la tête, deux avantages pour visualiser leur environnement sur 360° sans se décrocher d’un poste d’affût.
Dans cette famille, on peut distinguer le Petit Rhinolophe, le Rhinolophe euryale, le Rhinolophe de Méhely (classé « En danger critique d’extinction » selon la Liste rouge des espèces menacées en France), et le Grand Rhinolophe (la première espèce ciblée par le programme LIFE+ Chiro Med).

Les Vespertilionidés
La forme et l'implantation de leurs oreilles permettent de les différencier. Dans cette famille, on distingue les Murins, les Oreillards, et les autres.
De couleur grise ou marron sur le dos, et gris-jaunâtre sur le ventre, les Murins ont un nez lisse, et des oreilles gris-brun foncé qui sont composées d’une petite pointe interne (le pavillon). Leurs larges ailes sont repliées le long de leurs corps quand ils sont suspendus et au repos. Parmi eux, le Murin à oreilles échancrées (la seconde espèce ciblée par le programme LIFE+ Chiro Med).
Les oreillards ont des immenses oreilles qui se touchent presque au milieu du front, il semble même que leurs yeux sont à la base des oreilles. Leur pelage est de couleur gris ou roux.
Parmi les Vespertilionidés, on peut également distinguer, la Barbastelle, plus petite que les oreillards, avec des oreilles carrées, petites et noires ; et la Pipistrelle, qui est la chauve-souris la plus répandue dans les zones urbaines, longue de quelques centimètres seulement. Brun-roux sur le dos, et brun-jaunâtre à gris-brun sur le ventre, ses oreilles sont courtes, triangulaires, avec l'extrémité arrondie, et, son museau est brun-noir.

Les Molossidés
Le Molosse de Cestoni, espèce méditerranéenne, est l’unique représentant de cette famille en Europe et en France. Cette chauve-souris se caractérise par une longue queue, deux larges oreilles, et un museau large et massif évoquant celui d’un chien.

Les Minioptéridés
Le genre Miniopterus possède la plus vaste répartition géographique mondiale au sein des chauves-souris. Ce genre comprend 19 espèces dont une seule, le Minioptère de Schreibers, est présente en Europe et en France. Cette espèce de taille moyenne possède un corps allongé, des ailes longues et fines, une tête avec un museau court, un front bombé typique et des oreilles courtes triangulaires.

Tableau CS


 

Programme LIFE POURQUOI DEUX ESPÈCES CIBLÉES PAR LE PROGRAMME LIFE+ CHIRO MED

Les espèces ciblées par le programme, le Grand Rhinolophe et le Murin à oreilles échancrées, sont des espèces menacées, en déclin en France et en Europe, malgré leur protection réglementaire au niveau national, européen et mondial, en raison de leurs spécificités écologiques, de leur forte sensibilité au dérangement et du faible taux de renouvellement des populations.
Les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Languedoc-Roussillon ont une forte responsabilité dans la conservation de ces espèces. En effet, les principales populations de ces deux espèces sont concentrées sur le territoire du programme, à savoir la Camargue, les Alpilles et les gorges du Gardon. En hiver, elles entrent en léthargie dans les cavités des Alpilles et des gorges du Gardon et, en été, elles viennent se nourrir et se reproduire en Camargue.
De plus, la population reproductrice camarguaise de Grand rhinolophe représente 75% des effectifs de PACA et 24% de la population reproductrice méditerranéenne française. La population hivernante des Alpilles et des gorges du Gardon représente 13% de la population hivernante méditerranéenne française. Pour le Murin à oreilles échancrées, le périmètre du programme accueille 10% de la population reproductrice française.


Ces espèces sont confrontées à cinq grandes menaces :

Menace 1 : LA PERTE ET L’ALTERATION DE GITES
Durant la période estivale, les deux espèces se reproduisent ou transitent essentiellement dans des bâtiments. En hiver, elles hibernent dans des cavités naturelles (grottes) ou artificielles (mines, souterrains, caves…).
Tous ces gîtes sont affectés par des facteurs variés :
- disparition (démolition de bâtiments, combles habités, foudroyage de mines, etc.),
- altération (modification et traitement toxique d’une toiture, illumination d’églises, etc.),
- raréfaction (nouvelle architecture incompatible avec la présence des chauves-souris, etc.),
- dérangements (visites intempestives de combles, de grottes, etc.).

Menace 2 : LA PERTE ET L’ALTERATION DES HABITATS NATURELS
Les changements apparus depuis les années 70 en matière de pratiques agricoles et d’aménagement du territoire ont conduit à une modification drastique des paysages et à une disparition ou une altération des milieux naturels favorables aux chiroptères. Dans le contexte du projet, les menaces sont plus particulièrement :
- la conversion des prairies en monocultures intensives,
- le grignotage des milieux du fait de l’extension des zones urbanisées et anthropisées,
- le démantèlement des structures paysagères (arrachage de haies, des ripisylves, etc.),
- la fermeture des milieux du fait de l’abandon des pratiques pastorales (Alpilles, Gardon),
- la modification des milieux du fait du surpâturage (Camargue).

Menace 3 : LA DIMINUTION DES RESSOURCES ALIMENTAIRES
Dans la zone couverte par le projet, le principal facteur responsable de la diminution des ressources alimentaires est la modification des pratiques pastorales. En effet, l’élevage a vu apparaître de nouveaux produits vermifuges puissants, à spectre large et rémanents (type Avermectines) dans le traitement prophylactique du bétail. Leur emploi massif a eu un effet dévastateur sur la faune coprophage dont se nourrissent le Grand Rhinolophe (coléoptères) et le Murin à oreilles échancrées (Diptères cyclorrhaphes). Ce problème est une préoccupation majeure.

Menace 4 : LA MORTALITE ROUTIERE
L’augmentation des infrastructures a deux conséquences possibles sur les animaux : d’une part un isolement progressif des populations conduisant à leur appauvrissement génétique, d’autre part à l’augmentation des risques de collisions avec des véhicules. C’est cette dernière conséquence qui menace le plus directement est le plus gravement les chauves-souris.
Plusieurs auteurs estiment que la mortalité routière est fortement sous-estimée (Bickmore et Wyatt, 2006 ; Néri, 2006 ; Kiefer et al., 1998). Les zones les plus meurtrières sont celles où les routes à vitesse élevées croisent les corridors boisés suivis par les animaux. Les jeunes, au vol moins expérimenté, sont les plus concernés.

Menace 5 : LA MECONNAISSANCE PAR LES SCIENTIFIQUES ET LE PUBLIC
Les chauves-souris sont mal connues et ceci est particulièrement vrai pour le Grand Rhinolophe et le Murin à oreilles échancrées à l’intérieur du domaine méditerranéen (Ransome et Hutson, 2000 ; Bensettiti et Gaudillat, 2002). Faute d’un suivi régulier des populations, l’évolution des effectifs ainsi que les variations interannuelles demeurent méconnues. Toutes ces lacunes limitent la formulation actuelle de propositions de gestion dans les SIC.
Au niveau du grand public, les chauves-souris font souvent l’objet de croyances erronées qui nuisent à leur réputation et leur attirent parfois des persécutions directes. Au niveau du public spécialisé, l’intérêt et la prise en compte des chauves-souris est généralement médiocre à inexistante dans tous les domaines (architecture, pastoralisme, routes…).
Il est donc nécessaire d’entreprendre un important travail de sensibilisation, d’information et de formation, aussi bien au niveau du grand public que du public spécialisé.



Si aucune action n’est engagée pour ces deux espèces, leur population risque d’être mise à mal à court terme. Une inaction pourrait avoir des répercussions locales rapides mais de surcroît, elles dépasseraient le cadre régional en privant les gestionnaires de l’environnement européens de données fondamentales.

Ainsi, le programme LIFE+ Chiro Med est l’opportunité de mettre en œuvre des actions d’envergures et complexes favorables à la biodiversité dans toute la Camargue, les Alpilles et les Gorges du Gardon, avec pour objectifs de consolider et de pérenniser ces populations exceptionnelles de Grand Rhinolophe et de Murin à oreilles échancrées. Ainsi, 29 actions sont menées afin de pallier aux cinq menaces qui pèsent sur ces deux espèces.


 
 
 
CG30